21 juin 2018

La frondeuse



C'est gratuit, c'est cadeau

" La Frondeuse " est une nouvelle que j'ai écrite dans le cadre de ma série de romans se déroulant à la Belle Epoque (dont Le tableau et Madame déjà parus aux Editions Erato).

Chronologiquement, elle se situe avant les romans.

A lire sur calaméo


Ou télécharger le fichier PDF à partir de mon site

Je vous souhaite une agréable lecture


17 juin 2018

Ecorchée



J’ignore si le XIXème siècle a été, entre tous, le pire pour les femmes ou « seulement » celui au cours duquel, poussées à bout (au bout du bout du bout), elles ont enfin trouvé les moyens de se révolter en masse, d’entrer en résistance et commencé à se faire entendre.
Je ne suis pas suffisamment calée en histoire pour répondre à cette question.
Toujours est-il que me plonger dans la documentation historique de la « belle ˮ époque » pour ma série de romans consacrée à cette période s’est parfois révélé une réelle épreuve.
Plus particulièrement lorsqu’il s’est agi de me documenter pour «  Madame » qui m’a fait entrer un peu brutalement dans l’univers de la prostitution à cette époque.
Non pas que j’aie été particulièrement innocente sur le sujet auparavant (ou sur certaines pratiques ou même ce siècle, ou encore la mentalité masculine du XIXème siècle), mais je n’imaginais pas tomber de si haut ni me retrouver engluée dans cette espèce de fange s’écoulant dans les fondations de la société, si nauséabonde que quelques relents se font encore sentir deux siècles plus tard.

Je peux dire, sans exagérer, que ma fibre féministe a été salement écorchée.
La femme que je suis également.

Peut-être ce billet ne fera-t-il rien naître en vous, ni intérêt ni curiosité ni compassion – pour moi ou pour ces femmes – ni même l'envie de lire l’histoire que j’ai écrite, mais à titre tout à fait personnel et égoïste, j’ai ressenti le besoin d'en parler, de me libérer de ce que j’avais éprouvé.
Peut-être parce que, quelque part, moi aussi, en rédigeant ce roman, je me suis sentie prisonnière de ce monde, clos ou non, étouffée, salie, maltraitée, violentée… Non, il n’y a pas de peut-être ; tout cela m'a profondément révoltée et j’ai eu mal.

Très honnêtement, au tout début de sa rédaction et forte de mes quelques connaissances nouvellement acquises, je me suis quand même demandé ce qui m’avait pris de vouloir écrire une histoire d'amour ayant pour décor une maison de tolérance en 1900.

Comme il n’était pas question d’abandonner, je me suis ensuite demandé comment j’allais bien pouvoir m’en sortir et écrire ma romance après avoir lu tant et tant d’horreurs.

Abominations en tout genre sur le traitement réservés par « l’Homme » aux filles, qu’elles soient à numéro, autrement dit les filles de maison, les filles en cartes, celles œuvrant dans la rue, ou encore les insoumises – vous noterez quand même la patte odieusement phallocrate mais très parlante des termes.

Infamies parfois liées aux recoins les plus sordides de la libido masculine – d’autant plus abjects que ces messieurs étaient libres de tout exiger, de tout faire et incités à se décharger de leurs pulsions sur de la marchandise prévue à cet effet. Par marchandise, j’entends certes plus particulièrement les prostituées puisque c’est le sujet qui nous occupe, mais ne nous leurrons pas, la femme restait par essence, par son genre, l’équivalent d’un bétail, ou d’un meuble si elle avait de la chance.

Atrocités dans le verbe, le geste et l’inhumanité de tous les acteurs évoluant de près ou de loin autour des filles : hygiénistes, médecins, policiers des mœurs, personnels des prisons-hôpitaux, clients, maquerelles...

Ignominie de la stupéfiante et révoltante hypocrisie d’un siècle passé maître dans l’art de la double morale, un siècle qui réprimait férocement le sexe, ce sexe qui l’obsédait plus que tout.

Très franchement, et au risque de me faire quelques amis au passage, il m’est arrivé par moments, après certaines lectures, de haïr le genre masculin dans sa globalité.

Je me suis bien évidemment raisonnée – je n’ai pas l’âme d’une amazone et a priori ne suis pas trop idiote – et j’ai pris le recul nécessaire qui m’a permis de trouver la solution au problème que me posait ce projet de romance.
Deux solutions plus exactement : une esquive qui, je crois, apporte plus qu’elle ne retire à mon texte, et un contre-pied.
Je n'en dis pas plus...

Toutefois, chères lectrices, et pourquoi pas chers lecteurs, je crains de ne pas vous avoir particulièrement épargnés dans ce texte, sauf peut-être en ce qui concerne les pratiques les plus répugnantes. Encore que. Je les nomme ou j’y fais allusion. Libre à vous d’aller vous renseigner ensuite, en mots ou en images, mais je vous aurai prévenus.
Pour le reste, j’ai bien peur que tout ce que j’évoque dans mon texte n'ait été réalité aussi.

Quant à l’histoire de Salomé et Valerian, je me plais à croire qu’elle eut été possible.
En tout cas, elle a été, pour moi, la lumière filtrant à travers les interstices des volets clos, la touche de douceur et d’espoir dont j’avais besoin pour parvenir à mon but.

Si vous le souhaitez, si vous lisez ce roman, ou pas d’ailleurs, je serais ravie d’en discuter avec vous. Je suis curieuse.

Et si le sujet ou l'univers du roman vous intéresse, je vous invite à suivre les liens vers quelques pages de mon site :

"Madame" en image et en musique

Articles d'époque sur la prostitution et les maisons de tolérance au XIXème siècle.


À bientôt.

Frédérique

14 juin 2018

Madame


Parution le 15 juin 2018 aux éditions Erato
(Collection Belles d'Epoque)

Présentation :


De tous les hommes qui fréquentent Le Satin Rouge, Maximilien Frégié est celui que Salomé redoute le plus.
Cruel, puissant et surtout obsédé par la tenancière de la maison, il n’a de cesse d’abuser de sa position pour la tourmenter.
Jusqu’à l’outrage. Jusqu’au chantage le plus odieux.

Aux abois, Salomé hésite pourtant à accepter l’aide offerte par un de ses clients, le trop séduisant Valerian Roche. Un homme dangereux lui aussi. Pour son cœur.

Car qui voudrait d’une femme comme elle, souillée, brisée ?
Quel homme pourrait aimer une putain ?




14 mai 2018

Challenge Net Galley France


Mon roman " Le tableau " paru aux éditions Erato fait partie de la sélection pour le challenge Net Galley France (plateforme de service presse)


Pour ceux qui seraient intéressés, 
vous trouverez toutes les informations et le règlement en suivant le lien


#ChallengeNetGalleyFR #letableau
Net Galley France sur Twitter : @NetGalleyFrance
Net Galley France sur FB : @netgalleyFR

9 avr. 2018

Le tableau - extraits choisis




Pour celles et ceux qui désireraient se faire une idée à propos de mon dernier roman 
" Le tableau " avant d'éventuellement le lire , je vous ai préparé une sélection d'extraits choisis chapitre par chapitre.

A lire sur mon site : ici


21 mars 2018

Livre Paris 2018


Un petit retour sur le salon du livre ?
Une édition particulièrement réussie !
Je suis ravie, fourbue, heureuse, fourbue (je le répète parce que je suis vraiment rincée), reboostée, ravie, ravie, ravie et... ravie

Un grand merci à toutes les lectrices (et à mon lecteur) qui sont venues me voir, cela a été un réel plaisir de vous rencontrer.
Et une mention spéciale pour mon éditrice de compétition.

Le stand avant la ruée
 







8 mars 2018

08 mars


Séverine (Caroline Rémy) 
par Auguste Renoir


Parce que la rédaction de ma série de romans se déroulant à la « Belle Époque » (vraiment pas si belle que cela, vous pouvez me croire) voulait que je me penche très sérieusement sur moult sujets assez délicats et désagréables, et plus particulièrement celui du statut des femmes, j’ai aujourd’hui une pensée toute particulière pour toutes celles qui se sont battues pour nos droits depuis des décennies, des siècles…
Et je leur adresse un grand merci.

J’aurais pu emprunter ses mots à Sidonie, ma petite frondeuse que vous découvrirez en son temps dans une nouvelle, à la journaliste Séverine qui me l’a inspirée, ou encore à Louise Michel et bien d'autres encore. 

Mais j’ai choisi de faire parler Salomé dont vous ferez prochainement connaissance dans « Madame » et Séraphine, héroïne de mon roman « Le Tableau ».

Les actions se déroulent à la toute fin du XIXè siècle et tout était donc encore à faire...



« Mais par-dessus tout, contrairement à ce que Maximilien avait dû espérer, il venait de lui donner la force de lutter contre lui au lieu de l’anéantir. Peut-être était-ce de la haine. Sans doute, en était-ce.
Elle s’en fichait, car elle se sentait animée d’une vigueur nouvelle, intimement liée à ce refus viscéral de laisser une fois encore, une fois de plus, un homme la piétiner au prétexte qu’elle était femme et qu’il le pouvait, qu’il en avait le droit, qu’elle était ancienne prostituée, belle ou attirante, ou seulement parce que c’était sa fantaisie du moment.
Oh bien sûr, elle ne pourrait changer la société ou les règles… ou la loi… ou le Code civil… ou les premières pages de la bible et le diktat de l’Église… ou les hommes…
Y avait-il une fin à cette liste, au bout d’un moment ?
Salomé n’espérait pas y parvenir, encore moins toute seule. Nombreuses étaient les femmes à s’y essayer déjà, en groupe ou en association, avec des mots, des actes, des cris parfois, pour au final se heurter à un mur. Mais tout mur pouvait être démonté brique par brique. L’on pouvait gratter son crépi, l’éroder patiemment jusqu’à y faire un trou, une lézarde puis une brèche où l’on pouvait s’engouffrer ensuite pour le faire tomber. »

Madame (à paraître)


***


« — Vous savez bien comment sont les choses, Séraphine, se défendit Narcisse. Vous n’allez pas refaire le monde.
Évidemment ! L’éternelle rengaine. L’argument ultime de la supériorité masculine. Celui expliquant toujours tout et mettant fin à n’importe quelle discussion.
De quel droit ce qui pendait entre les jambes de ces messieurs leur conférait le pouvoir de régner sur les femmes en toutes choses, sur leurs corps, leurs vies, leurs biens si elles en avaient. Sur leur liberté ? Parce que cela se dressait à l’occasion ? Était-ce vraiment une preuve irréfutable d’une supériorité intellectuelle et morale sur elles les autorisant à les traiter comme d’éternelles mineures ?
Figée dans le marbre, incrustée au plus profond de la société, cette suprématie était aussi inscrite dans le plus abject des alinéas du Code Civil et gravée dans l’esprit des hommes, cette caste dominante dont pour une fois la frontière ne s’arrêtait pas au seul statut social.
Révoltant. Séraphine en aurait hurlé. Si cela avait pu faire évoluer les choses… »

Le Tableau (paru aux éditions Érato)